Le kauri (ou agathis Austalis), le géant des forêts primaires du pacifique sud, s’apparente au séquoia de Californie pour son envergure.

Il peut atteindre 50m de haut pour une circonférence de 16m environ. Les kauris étaient là bien avant l’arrivée des maoris puisque certains ont plus de 3000 ans.

La Nouvelle-Zélande (Aotearoa, le nom maori avant l’arrivée des colons anglais) était composée de 80% de forêts humides sub-tropicales. Aujourd’hui, elle en compte seulement 30% et le kauri n’a pas été épargné. En effet, la déforestation s’est accentuée avec l’arrivée des colons, et plus précisément à partir de 1840, lorsque colons anglais et chefs de clans maoris signèrent le traité de Waitangi. Un traité de paix qui laissa place aux ambitions d’expansion des européens et leur soif de développement.

Afin d’accroitre l’élevage de moutons, il fallait plus de pâturages; c’est alors qu’ils commencèrent à couper et décimer la majeure partie des forêts primaires néo-zélandaises. Le kauri, en plus d’être droit et robuste (pour les mats de bateaux et la charpente) donnait une résine riche qui servait d’allume-feu. Ils tiraient d’énormes profits de ces arbres et n’arrêtèrent plus de l’exploiter. C’est comme ça qu’en 1900, on ne comptait plus que 10% de ces géants.

C’est à Waipoua, dans le Northland, sur l’île nord de la Nouvelle-Zélande, que l’on peut encore rendre hommage à ces géants; il a fallu attendre 1952 pour que la forêt soit sanctuarisée.  C’est ici que trônent les derniers rois des forêts primaires de Nouvelle-Zélande.

“Tane Mahuta”, le seigneur de la forêt, mesure 51m avec une circonférence de 13,77m. On estime son âge à 2000 ans environ. Pour les maoris, il est né de l’amour de Ranginui, le père du ciel, et de Papatuanuku, la terre-mère.

Le père de la forêt, Te Matua Ngahere, quant à lui, a plus de 3000 ans! Sa circonférence est de 16,41m; Il est à couper le souffle

Aujourd’hui, alors que l’homme a une fois de plus laissé une trace indélibile, les kauris survivront-ils? Et pour combien de temps?

Ils sont gardés par le département de conservation et les membres de la tribu Roroa, qui travaillent ensemble à tenter de les protéger d’une maladie, apparue dans les années 70, appelée phytophage, qui les tue à petit feu. En effet, cette maladie se propage de 2 façons: par les randonneurs et leurs chaussures; ils ont donc installé des aires de nettoyage à l’entrée du parc. Chacun doit nettoyer les semelles de ses chaussures en entrant et sortant du parc. La deuxième façon est par les animaux sauvages comme les cochons, c’est ainsi que la forêt a été cloturée afin d’empécher ces animaux d’y entrer.

Une menace qui continue de décimer ces majestueux arbres malgré les moyens déployés pour leur conservation.

 

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